Cryptos ETN ou détention directe, le bon choix pour investir

Cryptos ETN, malgré le rebond récent, 2026 reste une année bien terne pour le bitcoin. Or, c’est aussi l’année où est entré en vigueur le règlement MiCA encadrant les plateformes cryptos. Il y a deux moyens principaux d’accéder aux cryptos. « Les investisseurs peuvent s’y exposer indirectement, via des ETN comme ceux que nous proposons, résume Menno Martens, spécialiste crypto chez VanEck Europe. Ou directement, sur une plateforme d’échange de cryptomonnaies, même si certains courtiers traditionnels le proposent aussi. Dans ce cas, l’investisseur peut décider de conserver ses actifs chez son courtier ou sur un wallet qu’il conserve lui-même. »

Fonctionnant comme un ETF, un ETN (pour « exchange-traded note ») a le mérite de la simplicité. « Détenir soi-même son portefeuille de cryptoactifs en toute sécurité est quelque chose que tous les investisseurs ne peuvent pas faire, faute de maîtriser la technologie des clés privées, explique Menno Martens. Utiliser un ETN évite d’avoir à gérer le problème de conservation, qui est délégué au dépositaire. On n’a certes pas la propriété directe de la cryptomonnaie, puisqu’un ETN est un titre de dette, mais il est entièrement adossé à l’actif sous-jacent. » L’ETN est bien propriétaire des cryptos et celles des produits VanEck sont déposées à la Bank Frick, au Liechtenstein. En outre, un intermédiaire a sélectionné l’offre, évitant les projets farfelus.

Quid en cas de crise ?

On peut aussi y voir des inconvénients car avec les ETN, le nombre de cryptos est limité. Mais surtout, le principe même de l’ETN fait tiquer Joël-Alexis Bialkiewicz, associé gérant de la banque Delubac & Cie. « La réglementation américaine autorise la création d’ETF dans lesquels le seul actif est le bitcoin. Ce n’est pas le cas en Europe, où un fonds a une obligation de diversification. En achetant un ETN, les investisseurs pensent avoir la même chose qu’un ETF américain alors qu’ils ne détiennent qu’une créance : ils sont exposés au risque de crédit de l’émetteur. »
Cela peut sembler anodin, mais la différence serait cruciale dans un scénario de crise extrême. La banque Delubac propose ainsi une offre de cryptos en direct, tout en les conservant dans son infrastructure propre : l’équivalent numérique d’un coffre-fort à la banque, dont le contenu reste propriété du client, même en cas de défaillance de l’établissement.

Traitement fiscal différencié

ETN et détention directe ont aussi un traitement fiscal différent. « L’intérêt fiscal de l’ETN réside dans le fait que les moins-values seront reportables pendant dix ans sur des plus-values futures, ce qui n’est pas le cas pour des cryptos détenues en direct », explique Joël-Alexis Bialkiewicz. En revanche, en cas de plus-value, il y a un avantage à la détention en direct.
« Dans le cas des ETN, la seule option pour sécuriser une plus-value est de vendre, ce qui expose à l’imposition, sachant qu’ils ne sont pas éligibles au PEA, indique Joël-Alexis Bialkiewicz. Avec une crypto détenue en direct, on peut, au lieu de la vendre, la ‘swapper’ contre un stablecoin adossé à l’euro. » Une sorte de troc, possible sur la plupart des plateformes, comme pour les investisseurs préférant l’auto-détention, qui permet de sécuriser une plus-value en évitant l’imposition immédiate. Un inconvénient à noter : la déclaration est relativement complexe lorsque la plus-value est concrétisée par une conversion en monnaie fiat, dont la valeur est garantie par une banque centrale.

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